Allochirie

Définition, Synonymes et Étymologie

📋 À retenir

  • C'est une erreur de localisation spatiale des sensations.
  • Elle fait souvent suite à une lésion cérébrale (AVC ou traumatisme crânien), généralement du lobe pariétal.
  • C'est un élément clé pour prouver la réalité de séquelles neurologiques parfois invisibles.

L'allochirie est un trouble neurologique de la perception spatiale. La personne ressent une sensation (contact, douleur ou son) du côté opposé à celui où le stimulus a réellement été appliqué.

✎ Étymologie

Dérivé du grec ancien allos (« autre ») et cheir (« main »). Littéralement, cela signifie « l'autre main », illustrant le fait de rapporter une sensation au membre opposé.

📖 Exemples d'usage

  • Lors d'un examen médical, le praticien touche la main gauche du patient, mais ce dernier affirme avec certitude avoir été touché à la main droite.
  • Un patient peut répondre à un signal sonore provenant de sa gauche en tournant la tête vers la droite.

⚠ À ne pas confondre

Il ne faut pas la confondre avec l'héminégligence (où le patient ignore totalement un côté de son espace) ou l'hémianopsie (perte d'une partie du champ visuel). Dans l'allochirie, le stimulus est bien perçu, mais sa localisation est transposée symétriquement.

💊 Contexte médical

Ce symptôme relève du droit du dommage corporel. Il est évalué lors de l'expertise médicale pour déterminer le taux d'Atteinte à l'Intégrité Physique et Psychique (AIPP) selon le barème de capitalisation des préjudices (référence aux articles 1240 et suivants du Code civil sur la responsabilité).

⇆ Synonymes

alloesthésie transposition sensitive

↔ Antonymes

perception ipsilatérale somatognosie normale

💡 Conseil

Si ce symptôme apparaît après un accident, il est crucial de le faire constater par un neurologue spécialisé. Ce trouble « invisible » peut être négligé lors des expertises sommaires, alors qu'il justifie une reconnaissance de handicap spécifique.

❓ Questions fréquentes

L'allochirie est-elle volontaire ?

Non, c'est un trouble neurologique involontaire et non une simulation. Elle résulte d'un dysfonctionnement des circuits cérébraux de la représentation du corps.

Comment ce trouble est-il prouvé lors d'un procès ?

Par des tests cliniques réalisés par un neurologue expert et, si possible, par une imagerie médicale (IRM) montrant la lésion cérébrale associée.

Peut-elle ouvrir droit à indemnisation ?

Oui, au titre du préjudice physiologique et des troubles dans les conditions d'existence, car elle impacte la sécurité et l'autonomie du patient.