📋 À retenir
- Considéré comme une pathologie psychiatrique ou le signe de carences nutritionnelles sévères.
- Engendre des risques vitaux immédiats (perforation, empoisonnement).
- Peut justifier une mesure de protection juridique si les facultés mentales sont altérées.
L'allotriophagie, également appelée syndrome de pica, est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par l'ingestion durable de substances non nutritives et non comestibles (terre, craie, papier, métal, etc.). Ce comportement peut entraîner de graves complications médicales comme des intoxications ou des occlusions intestinales.
Étymologie
Vient du grec ancien allotrios (« étranger », « qui appartient à autrui ») et phagein (« manger »). Le terme désigne littéralement l'action de se nourrir de choses étrangères à l'alimentation normale.
Exemples d'usage
- La géophagie : consommation de terre ou d'argile.
- La trichophagie : ingestion de cheveux ou de poils.
- La consommation de fragments de peinture, souvent source de saturnisme chez l'enfant.
À ne pas confondre
À ne pas confondre avec l'ingestion accidentelle par un enfant en bas âge qui découvre son environnement, ni avec les troubles classiques tels que l'anorexie ou la boulimie qui concernent des denrées alimentaires.
Contexte médical
Ce trouble est pris en compte dans le cadre de la protection des majeurs vulnérables (articles 425 et suivants du Code civil) ou pour l'évaluation de l'altération du discernement (article 122-1 du Code pénal) lorsque le comportement entraîne des actes dommageables ou auto-agressifs.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Si un proche présente ces symptômes, il est impératif de consulter un médecin et un psychiatre. Sur le plan juridique, une sauvegarde de justice peut être envisagée en urgence si ce comportement s'accompagne d'une mise en danger des biens ou de la personne.
Questions fréquentes
L'allotriophagie est-elle reconnue comme un handicap ?
Elle peut être un symptôme associé à certains handicaps psychiques ou cognitifs ouvrant droit à une prise en charge par la MDPH.
Un employeur peut-il licencier un salarié pour ce motif ?
Non, le licenciement fondé sur l'état de santé est discriminatoire, sauf si l'inaptitude est constatée par la médecine du travail sans possibilité de reclassement.
Ce trouble peut-il mener à une hospitalisation sans consentement ?
Oui, si le comportement présente un danger immédiat pour la santé de la personne et que ses troubles mentaux rendent son consentement impossible.