📋 À retenir
- Une approche de construction et de design du vivant plutôt que de simple observation.
- Un cadre réglementaire calqué sur celui des OGM en Europe, très protecteur.
- Des enjeux majeurs en matière de propriété intellectuelle et de biosécurité.
La biologie de synthèse est une discipline qui applique les principes de l'ingénierie au vivant. Elle ne se contente pas d'observer la nature, mais cherche à concevoir et construire de nouveaux systèmes biologiques ou à modifier des organismes existants pour leur donner des fonctions qu'ils n'ont pas à l'origine.
Étymologie
Le terme vient du grec bios (vie) et logos (étude), associé à sunthesis (composition). Si l'expression apparaît dès 1910 sous la plume de Stéphane Leduc, elle prend son sens moderne dans les années 2000 avec les progrès du séquençage et de la synthèse d'ADN.
Exemples d'usage
- La production de médicaments (comme l'artémisinine contre le paludisme) par des levures reprogrammées.
- La création de bactéries capables de dégrader des plastiques ou d'absorber des métaux lourds.
- Le développement de biocarburants à partir d'algues dont le métabolisme a été optimisé artificiellement.
À ne pas confondre
À la différence du génie génétique classique qui procède souvent par transfert d'un gène existant, la biologie de synthèse reconstruit des génomes entiers ou crée des circuits génétiques artificiels inexistants dans la nature.
Contexte médical
Elle est encadrée par le Code de l'environnement (articles L531-1 et suivants) concernant les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) et par les lois de bioéthique. Au niveau européen, la directive 2001/18/CE régule la dissémination volontaire de ces organismes.
En pratique
L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) du 25 juillet 2018 (Affaire C-528/16) a marqué le secteur en confirmant que les organismes issus des nouvelles techniques de mutagenèse sont soumis aux obligations de la directive OGM.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Pour les acteurs du secteur, il est crucial de veiller à la conformité avec le Protocole de Nagoya, qui encadre l'accès et le partage des avantages issus de l'utilisation des ressources génétiques, y compris sous forme numérique.
Questions fréquentes
Les créations de biologie de synthèse sont-elles brevetables ?
Oui, une séquence génétique synthétique peut être brevetée si elle est nouvelle, inventive et possède une application industrielle, tout en respectant les limites de l'ordre public.
Qu'est-ce que le risque de double usage ?
Il s'agit de la possibilité que des recherches civiles en biologie de synthèse soient détournées à des fins malveillantes, comme la création d'agents pathogènes.
La biologie de synthèse est-elle autorisée en France ?
Oui, mais elle est strictement contrôlée par des comités d'éthique et soumise à des autorisations de confinement en laboratoire.