📋 À retenir
- Le sujet est souvent conscient mais incapable de bouger ou de parler.
- La déconnexion est motrice, pas nécessairement cognitive.
- Elle soulève des problématiques majeures sur l'expression du consentement.
La désefférentation désigne l'interruption des signaux nerveux qui partent du cerveau vers le reste du corps. Le cerveau fonctionne, mais il ne peut plus transmettre d'ordres moteurs aux muscles ou aux organes.
Étymologie
Dérivé du latin efferre (« emporter » ou « sortir de »), avec le préfixe privatif dé- et le suffixe d'action -ation.
Exemples d'usage
- Le syndrome d'enfermement (Locked-in syndrome) consécutif à un AVC du tronc cérébral.
- Une section complète de la moelle épinière empêchant la transmission de l'influx moteur vers les membres.
À ne pas confondre
Elle se distingue de la désafférentation, qui est l'arrêt des informations sensorielles remontant vers le cerveau. Elle diffère aussi de la mort cérébrale car l'activité cognitive peut être intacte.
Contexte médical
Articles L1110-5 à L1111-13 du Code de la santé publique relatifs aux droits des malades et à la fin de vie (Loi Claeys-Leonetti).
En pratique
Bien que d'ordre médical, cette notion est au cœur de l'affaire Vincent Lambert (Conseil d'État, 24 juin 2014), portant sur l'arrêt des soins pour des patients en état de conscience minimale ou de désefférentation profonde.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Il est recommandé de rédiger des directives anticipées et de désigner une personne de confiance pour anticiper une situation où la communication deviendrait impossible.
Questions fréquentes
Le patient ressent-il la douleur ?
Oui, si les voies sensitives (afférentes) sont préservées, le patient ressent tout sans pouvoir réagir physiquement.
Est-ce une forme de coma ?
Non, la désefférentation n'implique pas de perte de conscience, contrairement au coma profond.
Comment recueillir le consentement ?
Par des moyens de communication alternatifs, comme le clignement des yeux ou des interfaces cerveau-machine.