📋 À retenir
- Symptôme neurologique d'une lésion du lobe frontal.
- Se manifeste par une euphorie niaise et des plaisanteries inadaptées.
- Peut entraîner l'annulation d'actes juridiques pour défaut de discernement.
La moria est un état de gaieté excessive et inappropriée, souvent accompagnée de plaisanteries niaises et d'un comportement puéril. Ce trouble n'est pas une simple bonne humeur, mais le signe d'une atteinte neurologique, généralement située dans la partie avant du cerveau.
Étymologie
Issu du grec ancien mōria, signifiant « folie », « stupidité » ou « absurdité ».
Exemples d'usage
- Un individu qui multiplie les calembours déplacés lors d'un entretien formel ou d'une annonce médicale grave.
- Une attitude désinhibée et euphorique suite à un traumatisme crânien ou une tumeur cérébrale.
À ne pas confondre
Contrairement à la manie rencontrée dans le trouble bipolaire, la moria est dite « organique » car elle résulte d'une lésion physique (tumeur, choc). Elle se distingue aussi de l'euphorie classique par son caractère niais, vide et souvent associé à une perte de jugement critique.
Contexte médical
Article 414-1 du Code civil : relatif à l'insanité d'esprit pour la validité des actes. Article 122-1 du Code pénal : concernant l'irresponsabilité pénale en cas de trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le discernement.
En pratique
En droit des successions, la preuve d'un syndrome frontal incluant une moria est fréquemment utilisée pour obtenir l'annulation d'un testament pour insanité d'esprit, le testateur n'ayant plus conscience de la portée de ses actes.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Si un proche change brutalement de comportement et devient anormalement jovial ou moqueur face à des situations sérieuses, une consultation neurologique est urgente avant toute signature d'acte juridique.
Questions fréquentes
La moria est-elle volontaire ?
Non, c'est un trouble neurologique involontaire causé par une dégradation physique du cerveau.
Quel est l'impact sur la capacité juridique ?
Elle peut justifier une mise sous protection (tutelle, curatelle) si elle altère gravement les facultés mentales.
Est-ce réversible ?
Cela dépend de la cause (tumeur opérable ou maladie dégénérative).