📋 À retenir
- La mythomanie n'est pas un délit en soi, mais un état psychologique.
- Elle remet en cause la force probante des déclarations d'une victime ou d'un témoin.
- Seul un expert psychiatre peut diagnostiquer ce trouble devant un tribunal.
La mythomanie désigne une tendance pathologique à altérer la vérité ou à inventer des récits imaginaires sans en avoir pleinement conscience. En droit, cela interroge la crédibilité d'un témoignage ou la responsabilité pénale d'un individu.
Étymologie
Le terme a été forgé en 1905 par le psychiatre français Ernest Dupré. Il vient du grec muthos (fable, récit) et mania (folie, obsession).
Exemples d'usage
- Un témoin qui invente des détails précis sur un crime auquel il n'a pas assisté pour attirer l'attention.
- Une personne dénonçant une agression imaginaire et persistant dans ses déclarations lors de plusieurs auditions.
À ne pas confondre
Il faut distinguer le mythomane du menteur ordinaire : ce dernier ment de manière utilitaire pour obtenir un gain ou éviter une sanction. Le mythomane, lui, est souvent victime de sa propre imagination et cherche, de façon inconsciente, à exister aux yeux d'autrui.
Contexte médical
La mythomanie est évaluée lors des expertises psychiatriques prévues par l'article 81 du Code de procédure pénale. Elle peut influencer l'application de l'article 122-1 du Code pénal relatif à l'altération du discernement.
En pratique
Dans les affaires de dénonciation calomnieuse ou de faux témoignage, la jurisprudence s'appuie régulièrement sur les rapports d'experts pour déterminer si l'accusateur est sujet à une fabulation pathologique, ce qui peut conduire à une relaxe de la personne injustement mise en cause.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Si vous suspectez qu'une partie adverse est mythomane, ne vous contentez pas de contester ses propos : demandez systématiquement une expertise psychiatrique ou psychologique pour éclairer le tribunal sur sa personnalité.
Questions fréquentes
Un mythomane est-il responsable de ses actes ?
Généralement oui, car la mythomanie n'entraîne pas l'abolition totale du discernement, mais elle peut constituer une circonstance atténuante ou expliquer l'absence d'intention malveillante.
Comment le juge détecte-t-il la mythomanie ?
Le juge ne décide pas seul ; il ordonne une expertise médico-psychologique si les déclarations d'une partie sont incohérentes ou manifestement excessives.