📋 À retenir
- C'est un phénomène évolutif naturel accéléré par l'usage massif de médicaments.
- Elle constitue une menace majeure pour la santé publique mondiale selon l'OMS.
- Elle nécessite le développement constant de nouvelles molécules thérapeutiques.
La pharmacorésistance est la capacité d'un organisme (bactérie, virus, parasite ou cellule cancéreuse) à résister à un médicament qui devrait normalement le détruire ou l'inhiber. Le traitement devient alors inefficace pour soigner la pathologie ciblée.
Étymologie
Composé du grec pharmakon (remède, poison) et du latin resistere (faire face, s'arrêter). Il désigne littéralement l'opposition d'un agent biologique à l'action d'un médicament.
Exemples d'usage
- L'antibiorésistance, où des bactéries comme le staphylocoque doré ne réagissent plus aux antibiotiques classiques.
- La résistance de certaines cellules tumorales aux protocoles de chimiothérapie.
- Le développement de souches de virus du VIH résistantes aux traitements antirétroviraux.
À ne pas confondre
À distinguer de la tolérance médicamenteuse, où c'est l'organisme du patient qui s'accoutume à une substance (nécessitant d'augmenter les doses), et de la tachyphylaxie, qui est une diminution rapide de la réponse à un médicament après plusieurs doses.
Contexte médical
Le Code de la santé publique (articles L1413-1 et suivants) encadre la veille sanitaire. Les règlements européens (UE) 2019/6 concernent plus spécifiquement la lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans le domaine vétérinaire.
En pratique
La responsabilité des établissements de santé peut être engagée en cas d'infection nosocomiale liée à des bactéries multi-résistantes (BMR), si un défaut dans l'organisation des soins ou l'hygiène est prouvé.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Pour limiter ce risque, ne stoppez jamais un traitement antibiotique avant la fin, même si les symptômes disparaissent, afin d'éliminer totalement les agents pathogènes et d'éviter que les survivants ne développent une résistance.
Questions fréquentes
La pharmacorésistance concerne-t-elle le patient ?
Non, c'est l'agent infectieux (bactérie, virus) ou la cellule cible qui devient résistant, pas l'individu lui-même.
Peut-on prévenir ce phénomène ?
Oui, en évitant l'automédication, en respectant les doses et la durée des traitements prescrits, et en limitant l'usage préventif chez les animaux d'élevage.