📋 À retenir
- C'est un processus neurologique inconscient indispensable à la motricité.
- Il évolue en permanence grâce aux informations sensorielles reçues par le cerveau.
- Sa dégradation suite à un accident ouvre droit à une indemnisation spécifique au titre du préjudice corporel.
Le schéma corporel désigne la conscience immédiate que nous avons de notre propre corps, de sa position et de ses limites dans l'espace. C'est ce qui nous permet d'effectuer des mouvements précis, comme porter la main à son visage, sans avoir besoin de nous regarder dans un miroir.
Étymologie
Issu du grec skhêma (« forme, maintien ») et du latin corporeus (« relatif au corps »). Le concept a été développé en neurologie au début du XXe siècle pour expliquer comment le cerveau cartographie les membres.
Exemples d'usage
- Réussir à boutonner un vêtement sans regarder ses mains.
- La sensation persistante d'un bras chez une personne amputée (membre fantôme).
- Adapter instinctivement sa démarche pour passer sous une porte basse.
À ne pas confondre
Il diffère de l'image corporelle : le schéma corporel est une donnée physiologique et neurologique (capacité fonctionnelle), tandis que l'image corporelle est une représentation psychologique, esthétique et émotionnelle (perception subjective de sa propre beauté ou de sa silhouette).
Contexte médical
En droit de la réparation du dommage corporel, l'atteinte au schéma corporel est prise en compte dans l'évaluation du Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) et du préjudice esthétique. La nomenclature Dintilhac permet d'indemniser les troubles neurologiques affectant la perception du corps.
En pratique
Les tribunaux indemnisent régulièrement les victimes d'accidents neurologiques souffrant d'asomatognosie (perte de reconnaissance d'une partie de son corps), considérant que cette rupture du schéma corporel constitue une perte d'autonomie fondamentale.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Si vous êtes victime d'un accident, signalez systématiquement à l'expert médical les sensations de maladresse, de perte d'équilibre ou l'impression que vos membres ne vous obéissent plus correctement : ces signes traduisent une altération du schéma corporel.
Questions fréquentes
Peut-on perdre son schéma corporel ?
Oui, certaines pathologies neurologiques ou traumatismes crâniens peuvent entraîner une asomatognosie, où le patient ne reconnaît plus l'un de ses membres comme lui appartenant.
Comment évalue-t-on ce préjudice en justice ?
Un expert médecin examine les capacités de coordination, d'équilibre et les troubles de la sensibilité pour déterminer l'impact sur la vie quotidienne.
Le schéma corporel est-il inné ?
Non, il se construit dès la naissance par l'expérience motrice et sensorielle de l'enfant et s'ajuste tout au long de la croissance.