📋 À retenir
- Le surdiagnostic transforme des personnes saines en patients sans nécessité médicale.
- Il est souvent le résultat de technologies de dépistage de plus en plus sensibles.
- Il expose le patient à des effets secondaires de traitements inutiles (surtraitement).
Le surdiagnostic consiste à identifier une maladie ou une anomalie qui n'aurait jamais causé de symptômes ni provoqué le décès du patient au cours de sa vie. Cela conduit souvent à traiter inutilement des personnes qui seraient restées en bonne santé sans ce diagnostic.
Étymologie
Composé du préfixe latin super- (au-dessus, au-delà) et du mot diagnostic, issu du grec ancien diagnôstikos (faculté de discerner). Le terme s'est popularisé avec l'essor du dépistage de masse.
Exemples d'usage
- Le dépistage de certains cancers de la prostate à évolution très lente chez des patients âgés.
- L'identification de nodules thyroïdiens minuscules qui n'auraient jamais évolué.
- Le diagnostic de TDAH chez des enfants dont le comportement correspond simplement à une immaturité liée à leur âge.
À ne pas confondre
Il ne faut pas confondre le surdiagnostic avec l'erreur de diagnostic (se tromper de pathologie) ou le faux positif (croire à tort qu'un test est positif alors qu'il est négatif). Le surdiagnostic est une anomalie réelle, mais cliniquement insignifiante.
Contexte médical
L'article L1110-5 du Code de la santé publique dispose que les actes de prévention ne doivent pas faire courir de risques disproportionnés par rapport aux bénéfices attendus. L'article L1111-2 impose au médecin d'informer le patient sur les risques de soins non pertinents.
En pratique
La jurisprudence sanctionne parfois le « défaut de pertinence des soins » ou la réalisation d'actes inutiles lorsqu'ils entraînent des complications sans bénéfice direct pour le patient, engageant la responsabilité civile du praticien ou de l'établissement.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Avant un examen de dépistage, interrogez votre médecin sur la probabilité que les résultats mènent à des interventions qui ne modifieront pas votre espérance de vie mais pourraient impacter sa qualité.
Questions fréquentes
Le surdiagnostic est-il une faute médicale ?
En soi, non, car il résulte souvent de l'application normale de protocoles de dépistage. Cependant, ne pas informer le patient des risques de surdiagnostic peut constituer un défaut d'information.
Comment éviter le surdiagnostic ?
Par une discussion avec son médecin sur la balance bénéfice-risque des tests de dépistage systématiques selon l'âge et l'état général.
Est-ce la même chose que le surtraitement ?
Non, le surdiagnostic est l'étape du constat médical, tandis que le surtraitement est l'administration de soins qui en découle.