📋 À retenir
- Optimisation de la sécurité et de l'efficacité du médicament.
- Stratégie de « evergreening » permettant de prolonger l'exclusivité commerciale.
- Nécessité de prouver un avantage clinique réel pour obtenir de nouveaux droits de propriété.
Le glissement chiral consiste à isoler et à commercialiser uniquement la partie active d'un médicament (l'eutomère) qui était auparavant vendu sous forme de mélange de deux molécules miroirs. Cette démarche permet souvent d'affiner l'efficacité du traitement tout en réduisant certains effets indésirables.
Étymologie
Dérivé du grec kheir (la main), la chiralité désigne des objets qui sont l'image l'un de l'autre dans un miroir mais ne sont pas superposables. Le terme « glissement » évoque la transition stratégique d'un mélange vers une forme pure.
Exemples d'usage
- Le passage de l'Oméprazole (mélange racémique) à l'Ésoméprazole (isomère pur).
- Le remplacement du Citalopram par l'Escitalopram en psychiatrie.
- L'utilisation de la Lévocétirizine à la place de la Cétirizine.
À ne pas confondre
Il ne faut pas confondre le mélange racémique (contenant 50 % de chaque forme) avec l'eutomère (la forme active recherchée) et le distomère (la forme inactive ou potentiellement toxique).
Contexte médical
Articles L. 5121-1 et suivants du Code de la santé publique. Droit de la propriété industrielle (brevets) et règlementation européenne sur l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).
En pratique
Décisions de l'Office européen des brevets (OEB) sur la brevetabilité des isomères, et jurisprudence de la CJUE concernant les certificats complémentaires de protection (CCP) pour des substances déjà connues sous forme racémique.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Si l'on vous propose une nouvelle version d'un médicament, vérifiez auprès de votre médecin ou pharmacien si le bénéfice thérapeutique justifie le coût, souvent plus élevé que celui du générique de la version initiale.
Questions fréquentes
Pourquoi pratiquer le glissement chiral ?
Pour améliorer la tolérance du patient en supprimant la partie inactive du mélange, et pour maintenir une protection par brevet face aux génériques.
Un médicament issu d'un glissement chiral est-il toujours meilleur ?
Pas nécessairement ; l'avantage clinique doit être démontré, car parfois la forme inactive n'a aucun impact négatif notable.
Est-ce autorisé par la loi ?
Oui, c'est une pratique légale encadrée par les autorités de santé qui vérifient la plus-value thérapeutique avant de délivrer une nouvelle AMM.