📋 À retenir
- Désigne aujourd'hui le trouble bipolaire.
- Peut justifier une mesure de protection (curatelle ou tutelle) en cas de mise en danger du patrimoine.
- Influe sur la responsabilité pénale en fonction du degré de discernement au moment des faits.
Se dit d'une personne dont l'état psychique alterne entre des phases d'excitation intense (manie) et des phases de profonde déprime. Dans le langage médical et juridique contemporain, on privilégie désormais le terme de trouble bipolaire.
Étymologie
Composé du grec mania (folie, transport) et du latin deprimere (abaisser, enfoncer). Le concept a été stabilisé à la fin du XIXe siècle pour décrire la « folie circulaire ».
Exemples d'usage
- Une personne en phase maniaque qui contracte des crédits disproportionnés sans en mesurer les conséquences.
- Un prévenu dont le discernement est aboli lors d'un passage à l'acte survenu durant une phase de décompensation.
À ne pas confondre
À ne pas confondre avec la dépression unipolaire (absence de phases d'euphorie) ou la schizophrénie (qui implique des hallucinations ou un délire dissociatif permanent, bien que des symptômes puissent parfois se chevaucher).
Contexte médical
Article 122-1 du Code pénal (responsabilité pénale), Article 425 du Code civil (protection des majeurs vulnérables) et Article L3212-1 du Code de la santé publique (soins psychiatriques sans consentement).
En pratique
La jurisprudence retient souvent l'altération du discernement (plutôt que l'abolition) pour les sujets bipolaires, sauf si la phase maniaque s'accompagne de délires psychotiques annihilant toute volonté lors de l'infraction.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Pour protéger un proche souffrant de ce trouble contre des décisions financières impulsives, il est recommandé d'anticiper une mesure de protection juridique ou de rédiger un mandat de protection future.
Questions fréquentes
Une personne maniaco-dépressive est-elle toujours irresponsable pénalement ?
Non. L'irresponsabilité n'est prononcée que si l'expertise prouve que le discernement était totalement aboli au moment de l'acte.
Peut-on annuler un contrat signé en phase maniaque ?
Oui, sur le fondement de l'insanité d'esprit (article 414-1 du Code civil), s'il est prouvé que le trouble a altéré le consentement.