📋 À retenir
- Désigne l'ancêtre de la femme médecin durant la période médiévale.
- Son savoir est théorique et fondé sur l'observation de la nature (la physique).
- Sa pratique était souvent menacée par les monopoles universitaires masculins.
Au Moyen Âge, la physicienne est une femme qui exerce la médecine savante. Elle soigne les maladies en s'appuyant sur l'étude de la nature et le fonctionnement du corps humain, par opposition aux simples remèdes populaires.
Étymologie
Dérivé du latin physica (l'étude de la nature), issu du grec phusikê. À l'époque médiévale, la « physique » désignait la science médicale avant que le terme « médecin » ne se généralise.
Exemples d'usage
- Une physicienne attachée à la cour d'un noble pour veiller à la santé de la famille seigneuriale.
- L'intervention d'une physicienne pour diagnostiquer un déséquilibre des humeurs et prescrire une saignée.
À ne pas confondre
À ne pas confondre avec la sage-femme, dont le rôle est limité à l'accouchement, ni avec l'apothicaire, qui prépare les médicaments, ou le chirurgien-barbier, qui s'occupe des interventions manuelles et externes.
Contexte médical
L'exercice de la médecine était encadré par les statuts des facultés de médecine et des ordonnances royales, comme l'édit de 1311 de Philippe le Bel, qui visait à réprimer l'exercice illégal de la médecine par des personnes non diplômées.
En pratique
Le procès de Jacqueline Félicie en 1322 à Paris est le cas le plus célèbre : la Faculté de médecine l'a poursuivie pour exercice illégal car, bien que reconnue pour ses succès thérapeutiques, elle ne possédait pas de diplôme universitaire, alors interdit aux femmes.
Synonymes
Antonymes
Questions fréquentes
Pourquoi les physiciennes ont-elles disparu ?
L'exclusion des femmes des universités au XIVe siècle a rendu leur pratique illégale, les reléguant progressivement au rang de simples guérisseuses ou sages-femmes.
Quelle était la base de leurs soins ?
Elles utilisaient principalement la théorie des humeurs (équilibre entre le sang, la bile, etc.) et la phytothérapie.
Une physicienne était-elle considérée comme une sorcière ?
Non, elle s'appuyait sur une démarche rationnelle pour l'époque, bien que l'absence de diplôme officiel ait pu parfois l'exposer à des accusations d'hérésie ou de magie.