📋 À retenir
- Urgence obstétricale majeure en raison du risque hémorragique.
- Nécessite une surveillance rigoureuse de la vacuité utérine après chaque accouchement.
- Le diagnostic tardif peut engager la responsabilité civile de l'établissement de santé ou du praticien.
La rétention placentaire désigne le maintien anormal de tout ou partie du placenta dans l'utérus après l'accouchement ou la mise bas. Cette situation constitue une urgence médicale car elle expose à des risques graves d'hémorragie et d'infection.
Étymologie
Du latin retentio (« action de retenir ») et placenta (« gâteau »), en raison de la forme circulaire et aplatie de cet organe temporaire.
Exemples d'usage
- Absence totale d'expulsion du placenta 30 minutes après la naissance d'un enfant malgré les efforts de poussée.
- Persistance de petits fragments placentaires (cotylédons) non détectés lors de l'examen du délivre, provoquant des saignements tardifs.
À ne pas confondre
Elle se distingue de l'adhérence placentaire (placenta accreta), où le placenta est physiquement incrusté dans le muscle utérin, et de la délivrance artificielle, qui est l'acte médical consistant à extraire manuellement le placenta retenu.
Contexte médical
Article L1142-1 du Code de la santé publique (responsabilité médicale). Recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur la prise en charge de l'hémorragie du post-partum.
En pratique
La jurisprudence retient souvent la responsabilité des praticiens en cas de défaut de vérification de l'intégrité du placenta après la délivrance, notamment si l'oubli d'un fragment entraîne une hystérectomie de sauvetage ou une infection grave.
Synonymes
Antonymes
Conseil
En période post-partum, tout saignement rouge vif abondant ou toute fièvre doit faire l'objet d'une consultation immédiate pour écarter une rétention de fragments.
Questions fréquentes
La rétention placentaire est-elle toujours une faute médicale ?
Non, c'est une complication naturelle. La faute réside généralement dans l'absence de diagnostic (examen incomplet du placenta) ou dans le retard de prise en charge.
Quels sont les recours en cas de complication grave ?
En France, si la faute est prouvée, une indemnisation est possible via l'assureur du praticien ou l'ONIAM en cas d'aléa thérapeutique grave.