📋 À retenir
- Les dommages peuvent toucher l'audition (cochlée) ou l'équilibre (vestibule).
- Le lien de causalité entre la substance et le dommage doit être prouvé par une expertise médicale.
- Le défaut d'information du patient sur ce risque est un motif classique d'indemnisation.
L'ototoxicité est la propriété de certaines substances chimiques ou médicaments d'endommager les structures de l'oreille. Cela peut provoquer une baisse d'audition, des sifflements ou des troubles de l'équilibre de façon temporaire ou définitive.
Étymologie
Dérivé du grec ancien otos (oreille) et toxikon (poison). Le terme désigne littéralement un poison s'attaquant à l'appareil auditif.
Exemples d'usage
- L'utilisation de certains antibiotiques (famille des aminosides) sans surveillance médicale stricte.
- L'exposition prolongée à des solvants industriels comme le styrène ou le toluène en milieu de travail.
- Les effets secondaires liés à certains traitements de chimiothérapie (cisplatine).
À ne pas confondre
L'ototoxicité se distingue du traumatisme sonore, qui est une lésion mécanique causée par le bruit, bien que les deux puissent se cumuler pour aggraver les dommages.
Contexte médical
Articles L1142-1 et suivants du Code de la santé publique (responsabilité médicale). Tableaux des maladies professionnelles du Code de la sécurité sociale (notamment pour l'exposition aux produits chimiques associés au bruit).
En pratique
Les tribunaux retiennent la responsabilité des professionnels de santé en cas de défaut d'information sur les risques ototoxiques d'un traitement ou en l'absence de surveillance biologique (dosage du médicament dans le sang) permettant d'éviter un surdosage toxique.
Synonymes
Antonymes
Conseil
Si vous devez suivre un traitement connu pour son ototoxicité, exigez un bilan auditif complet avant de commencer afin de disposer d'une base de comparaison solide en cas de litige ultérieur.
Questions fréquentes
L'ototoxicité est-elle toujours réversible ?
Non, de nombreuses substances causent des dommages irréversibles aux cellules ciliées de l'oreille interne qui ne se régénèrent pas.
Comment prouver une ototoxicité médicamenteuse ?
Il est nécessaire de comparer des audiogrammes réalisés avant, pendant et après le traitement pour établir la réalité de la dégradation.
L'employeur est-il responsable en cas d'exposition chimique ?
Oui, si l'exposition aux agents ototoxiques dépasse les seuils réglementaires ou si les mesures de protection individuelle n'ont pas été fournies.